• Matricule 76870

     

      

    Matricule 76870

    Dédié à mon oncle Pierrot

     

    Matricule 76870

    Matricule 76870;
    Gare de Compiègne
    Juin quarante quatre, les images s’imprègnent
    Son regard se perd et sa raison s’égare
    Les chiens sortent de l’ombre
    Sur le quai de la gare
    Et les bruits des mitrailles
    Des bottes saccadées
    Martelant la chaussée
    Lui reviennent en mémoire
    Et troublent ses pensées

    Ils sont là, décharnés
    Dans ces wagons plombés
    Imbriqués l’un dans l’autre
    Morts et vivants soudés
    Ils sont là, statufiés
    Dans la chaleur viciée
    Derrière des lucarnes, entièrement grillagées
    Qui annoncent Dachau et tous ces barbelées
    Ils sont là entassés, sans autre destinée
    Que celle de survivre pour pouvoir raconter

    Matricule 76870, Gare de Compiègne
    À la vue de ce train, la douleur l’enserre
    Ses blessures sont béantes, sa cicatrice saigne
    Ses larmes prises en otage, derrière les miradors
    Refoulées, prisonnières, à présent se libèrent
    Bête de fer, monstre sanguinaire où la raison se tord
    Il n’a rien oublié de l’horreur de la guerre

     

     

     


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